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TSA et TDAH : l’existence de besoins contradictoires

Comment peut-on avoir besoin de routines tout en recherchant constamment la nouveauté ? Pourquoi certaines personnes ont-elles besoin d’un environnement organisé sans parvenir à maintenir cette organisation ? Et comment comprendre le fait de rechercher des stimulations tout en étant rapidement submergé par celles-ci ?

Avoir besoin de prévoir précisément le déroulement de sa journée, mais ressentir une forte envie de changer de programme au dernier moment. Apprécier un environnement calme, tout en éprouvant des difficultés à supporter l’absence de stimulation. Vouloir que chaque objet soit rangé à sa place, mais ne pas parvenir à maintenir cet ordre dans la durée. Ressentir un besoin important de solitude après les interactions sociales, alors même que l’envie de voir des proches ou de participer à des activités reste présente.

Ces expériences peuvent sembler contradictoires. Pourtant, elles sont rapportées par certaines personnes présentant à la fois un trouble du spectre de l’autisme (TSA) et un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Cette association, parfois désignée par le terme informel AuDHD, peut donner lieu à des profils particulièrement hétérogènes, dans lesquels différentes caractéristiques neurodéveloppementales interagissent avec les habitudes, les capacités d’adaptation et les contraintes de l’environnement.

Il ne s’agit pas simplement de présenter les symptômes du TSA d’un côté et ceux du TDAH de l’autre. Lorsqu’ils coexistent, les deux troubles peuvent influencer la manière dont une personne organise son quotidien, régule son attention, gère ses émotions et répond à ses besoins sensoriels ou sociaux. Certaines manifestations peuvent se renforcer mutuellement, tandis que d’autres peuvent sembler s’atténuer ou se masquer. Une personne peut ainsi ressentir simultanément deux besoins difficiles à satisfaire dans les mêmes conditions, sans que cette expérience traduise une incohérence dans ses envies ou ses capacités.

Comprendre ces interactions est particulièrement important chez les adultes qui ont longtemps cherché à s’adapter à leur environnement sans nécessairement identifier l’origine de leurs difficultés. Cela permet également de dépasser les représentations parfois simplifiées selon lesquelles une personne autiste serait toujours rigide et organisée, tandis qu’une personne TDAH serait nécessairement spontanée et désordonnée.

1. TSA et TDAH : deux troubles distincts qui peuvent coexister

Le trouble du spectre de l’autisme et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité appartiennent tous deux à la catégorie des troubles neurodéveloppementaux. Ils apparaissent au cours du développement et peuvent influencer durablement le fonctionnement cognitif, émotionnel, comportemental et adaptatif. Ils reposent toutefois sur des critères diagnostiques différents et présentent des caractéristiques qui ne doivent pas être confondues.

Le TSA est notamment caractérisé par des particularités persistantes de la communication et des interactions sociales, associées à des comportements ou intérêts restreints ou répétitifs, à des particularités sensorielles et, chez certaines personnes, à un besoin important de prévisibilité. Le TDAH se caractérise quant à lui par des manifestations persistantes d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité, entraînant un retentissement significatif dans plusieurs domaines de la vie. Ces manifestations peuvent notamment concerner la régulation de l’attention, l’organisation, la gestion du temps, l’inhibition des réponses ou le maintien de l’effort dans certaines activités.

Pendant longtemps, les classifications diagnostiques ont limité la possibilité de reconnaître simultanément ces deux troubles. Depuis la publication du DSM-5 en 2013, il est explicitement possible de poser un diagnostic de TSA et de TDAH chez une même personne, à condition que les critères propres à chacun soient satisfaits. Cette évolution a contribué à une meilleure reconnaissance de leur coexistence, même si les travaux scientifiques permettant de comprendre précisément leurs interactions restent encore en développement.

La méta-analyse publiée par Micai et ses collègues en 2023 illustre l’importance de cette association. Sur l’ensemble des groupes d’âge étudiés, les auteurs estiment la prévalence du TDAH chez les personnes autistes à environ 37 %. Chez les adultes, l’estimation regroupée est d’environ 22 %, mais avec un intervalle de confiance très large, témoignant d’une importante hétérogénéité entre les études. Ces chiffres ne signifient donc pas qu’une proportion identique de personnes autistes présente un TDAH dans tous les contextes. Les résultats dépendent notamment des méthodes diagnostiques, de l’âge et des caractéristiques des populations étudiées.

La coexistence des deux troubles ne correspond pas nécessairement à une addition simple de leurs symptômes. Les manifestations peuvent se recouvrir, se modifier selon les situations et parfois rendre l’identification de chaque trouble plus difficile. C’est notamment ce que soulignent les travaux publiés en 2024 dans la revue Cortex, consacrés au chevauchement des caractéristiques du TSA et du TDAH chez l’adulte. Ils rappellent l’intérêt d’étudier ces dimensions de manière conjointe, tout en évitant de considérer les personnes présentant les deux troubles comme un groupe nécessairement homogène.

2. Avoir besoin de routines, mais rechercher constamment la nouveauté

L’une des contradictions les plus fréquemment évoquées concerne le rapport aux habitudes, à la nouveauté et aux changements. Certaines personnes autistes présentent un besoin important de prévisibilité. Connaître à l’avance le déroulement d’une journée, anticiper les déplacements ou maintenir certaines habitudes peut contribuer à diminuer l’incertitude et la charge cognitive. Les routines peuvent également procurer un sentiment de stabilité, particulièrement lorsque l’environnement est imprévisible ou sensoriellement exigeant.

Dans le TDAH, les difficultés de régulation attentionnelle et motivationnelle peuvent, au contraire, rendre certaines activités répétitives ou insuffisamment stimulantes particulièrement difficiles à maintenir. La nouveauté, l’intérêt immédiat ou les changements d’activité peuvent faciliter l’engagement attentionnel chez certaines personnes. Il serait toutefois réducteur d’affirmer que toutes les personnes TDAH recherchent constamment le changement : les difficultés varient selon les individus, les contextes et les activités.

Lorsque les deux troubles coexistent, une personne peut ainsi rechercher une organisation stable pour se sentir rassurée, tout en éprouvant des difficultés à supporter la répétition de cette même organisation. Elle peut consacrer du temps à planifier précisément sa semaine, puis ressentir une forte envie de modifier ses projets une fois ceux-ci établis. Inversement, elle peut accepter spontanément une nouvelle activité, avant de ressentir une anxiété importante lorsqu’elle prend conscience des changements que cette décision implique.

Exemple clinique fictif

Émilie, 28 ans, apprécie de connaître à l’avance son emploi du temps. Chaque dimanche, elle organise sa semaine en prévoyant ses repas, ses tâches administratives, ses déplacements et ses activités personnelles. Cette préparation lui permet de diminuer son anxiété et de mieux anticiper les imprévus. Pourtant, lorsqu’elle doit suivre exactement le programme établi, elle ressent rapidement de l’ennui et peine à se mettre en activité. Elle décide alors spontanément de commencer une autre tâche, de modifier ses horaires ou d’accepter une sortie qui n’était pas prévue.

Sur le moment, ce changement lui procure une sensation de motivation et de liberté. Quelques heures plus tard, elle se sent toutefois débordée, car les activités initialement prévues n’ont pas été réalisées. Elle doit réorganiser toute sa semaine, ce qui lui demande un effort supplémentaire et augmente son anxiété.

Émilie peut alors avoir le sentiment de ne jamais savoir ce qu’elle veut réellement. Pourtant, son besoin de stabilité et son besoin de variété ne sont pas nécessairement incompatibles. Ils peuvent correspondre à des fonctions différentes : la prévisibilité lui permet de limiter l’incertitude, tandis que la variété peut faciliter son engagement et maintenir son intérêt.

Comment concilier stabilité et nouveauté ?

Une stratégie intéressante consiste à distinguer les éléments qui nécessitent une certaine stabilité de ceux qui peuvent rester flexibles. Plutôt que de chercher à planifier chaque activité avec précision, il peut être préférable de conserver quelques repères fixes, tout en prévoyant volontairement des espaces de liberté.

Par exemple, une personne peut maintenir des horaires relativement réguliers pour les repas, le sommeil ou certaines obligations importantes, mais choisir chaque jour parmi plusieurs activités possibles pendant ses temps libres. Elle peut également préparer différents scénarios pour une même journée, afin que les changements ne soient pas entièrement imprévus. Cette organisation permet de conserver une structure rassurante sans imposer un fonctionnement trop rigide.

Il peut aussi être utile de distinguer les changements choisis des changements subis. Une modification spontanée décidée par la personne elle-même peut être agréable, alors qu’un changement équivalent imposé par l’environnement peut provoquer une détresse importante. La possibilité d’anticiper et de contrôler certains aspects d’une situation peut ainsi jouer un rôle aussi important que la nouveauté elle-même.

3. Avoir besoin d’organisation, mais rencontrer des difficultés à la maintenir

Une autre difficulté fréquente concerne le décalage entre le besoin d’un environnement structuré et les capacités nécessaires pour créer ou maintenir cette organisation. Certaines personnes autistes accordent une grande importance à la disposition des objets, à la répétition des procédures ou à la cohérence de leur environnement. Cette organisation peut contribuer à limiter les sollicitations, faciliter l’anticipation et réduire les efforts nécessaires pour retrouver des informations ou accomplir certaines tâches.

Cependant, le fait d’avoir besoin d’ordre ne signifie pas nécessairement disposer de facilités pour organiser son quotidien. Les fonctions exécutives, qui regroupent notamment la planification, l’initiation des actions, la mémoire de travail, la flexibilité cognitive et le contrôle attentionnel, peuvent être concernées aussi bien dans le TSA que dans le TDAH. Les difficultés ne prennent pas toujours la même forme et leur intensité peut varier selon les personnes.

Dans le TDAH, certaines difficultés exécutives peuvent notamment compliquer le passage d’une intention à une action, le maintien d’une organisation dans la durée ou la gestion de plusieurs étapes successives. Une personne peut ainsi savoir exactement comment elle souhaite organiser son logement, disposer d’un système de rangement très précis et ressentir un inconfort important lorsque celui-ci n’est pas respecté, tout en peinant à ranger régulièrement ses affaires.

Ce décalage peut être source de frustration, car la personne ne souffre pas nécessairement d’un manque d’intérêt pour l’organisation. Elle peut, au contraire, y accorder une importance considérable sans parvenir à transformer durablement ses intentions en comportements.

Exemple clinique fictif

Alexandre, 35 ans, a besoin que son bureau soit organisé de manière précise. Il apprécie de classer ses documents par catégories, de ranger ses fournitures à des emplacements définis et de travailler dans un environnement visuellement dégagé. Lorsqu’un objet n’est pas à sa place, cela peut le déconcentrer ou provoquer une sensation d’inconfort.

Pourtant, malgré ce besoin d’organisation, il accumule régulièrement des documents sur son bureau, oublie de ranger certains objets et repousse les tâches de classement. Lorsqu’il décide finalement de remettre son espace en ordre, il peut y consacrer plusieurs heures, parfois au détriment d’autres obligations. Quelques jours plus tard, le désordre réapparaît et Alexandre ressent à nouveau une tension importante.

Cette situation illustre la différence entre le besoin de structure et la capacité à la maintenir. Le besoin d’ordre ne garantit pas une organisation efficace, tout comme les difficultés d’organisation ne signifient pas que le désordre est confortable pour la personne.

Adapter l’organisation aux capacités réelles

Une approche pertinente consiste à rechercher des systèmes suffisamment simples pour être maintenus, plutôt que des organisations parfaitement cohérentes sur le papier mais trop exigeantes au quotidien. Un rangement qui nécessite plusieurs étapes, une catégorisation complexe ou une réorganisation complète à chaque utilisation peut rapidement devenir difficile à maintenir.

Il peut être préférable de limiter le nombre d’étapes nécessaires, de rendre les objets fréquemment utilisés facilement accessibles ou de prévoir des espaces temporaires pour les affaires qui ne peuvent pas être immédiatement rangées. L’utilisation de rappels visuels, d’automatisations ou de routines courtes peut également réduire la charge exécutive.

L’objectif n’est pas nécessairement d’obtenir un environnement parfaitement ordonné, mais de construire une organisation suffisamment prévisible pour être rassurante et suffisamment simple pour rester accessible, y compris pendant les périodes de fatigue.

4. Rechercher des stimulations tout en étant rapidement submergé

Les particularités sensorielles occupent une place importante dans le fonctionnement de nombreuses personnes autistes. Certaines stimulations peuvent être particulièrement intenses, désagréables ou difficiles à filtrer, tandis que d’autres peuvent être recherchées pour leur caractère agréable ou régulateur. Il est d’ailleurs possible de présenter simultanément une hypersensibilité dans certaines modalités sensorielles et une recherche de stimulation dans d’autres.

Dans le TDAH, les difficultés de régulation attentionnelle peuvent également influencer le rapport à l’environnement. Certaines personnes recherchent des activités stimulantes, des mouvements, de la musique ou plusieurs sources d’information pour maintenir leur engagement dans une tâche. Cependant, un environnement très stimulant peut également augmenter la distractibilité ou devenir difficile à gérer.

Lorsqu’une personne présente les deux troubles, elle peut donc rechercher volontairement des stimulations qui facilitent son attention, tout en étant rapidement submergée par d’autres informations sensorielles. Cette situation peut sembler contradictoire, mais elle devient plus compréhensible lorsqu’on distingue la nature de la stimulation, son intensité, sa prévisibilité et le degré de contrôle que la personne peut exercer sur celle-ci.

Écouter une musique choisie à un volume maîtrisé n’a pas nécessairement les mêmes effets que subir une conversation imprévisible dans un environnement bruyant. De la même manière, rechercher une stimulation tactile agréable ne signifie pas être à l’aise avec tous les contacts physiques.

Exemple clinique fictif

Léa, 24 ans, éprouve des difficultés à travailler dans le silence complet. Lorsqu’elle doit rédiger un dossier, elle préfère écouter de la musique ou manipuler un petit objet afin de maintenir son attention. Pourtant, elle supporte difficilement les conversations qui se déroulent à proximité, les bruits de circulation ou les notifications répétées de son téléphone.

Son entourage ne comprend pas toujours pourquoi elle affirme avoir besoin de stimulation tout en se plaignant régulièrement du bruit. Pourtant, la différence réside notamment dans le caractère prévisible, contrôlable et agréable des stimulations recherchées.

Identifier les stimulations utiles et celles qui épuisent

Plutôt que de chercher à réduire systématiquement toutes les stimulations, il peut être intéressant de distinguer celles qui favorisent la concentration ou la régulation de celles qui augmentent la surcharge. Une personne peut, par exemple, apprécier une musique répétitive, un mouvement discret ou un éclairage particulier, tout en ayant besoin de limiter les conversations simultanées ou les interruptions imprévues.

L’aménagement de l’environnement peut donc reposer sur une combinaison de stimulations choisies et de réduction des sollicitations imposées. Cela peut passer par un casque audio, un espace de travail personnel, un éclairage modulable, des pauses sensorielles ou la possibilité de contrôler certains éléments de son environnement.

Il convient toutefois de rappeler que les stratégies sensorielles doivent rester individualisées. Une stimulation efficace pour une personne peut être désagréable pour une autre, et les besoins peuvent varier selon le niveau de fatigue ou la situation.

5. Vouloir être seul tout en ayant besoin d’interactions sociales

Les relations sociales peuvent également donner lieu à des besoins difficiles à concilier. Certaines personnes autistes décrivent des interactions particulièrement coûteuses sur le plan cognitif, sensoriel ou émotionnel. Elles peuvent notamment devoir analyser volontairement certaines informations sociales, anticiper les réactions de leurs interlocuteurs ou adapter leur communication aux attentes de l’environnement. Lorsqu’elles utilisent des stratégies de camouflage social, ces efforts peuvent être encore plus importants.

Parallèlement, certaines personnes présentant un TDAH peuvent rechercher fréquemment les échanges, la spontanéité des interactions ou les activités partagées. La nouveauté et la stimulation sociale peuvent contribuer à maintenir leur intérêt et leur engagement. Il ne s’agit toutefois pas d’une caractéristique universelle du TDAH, pas plus que le besoin de solitude n’est systématique dans l’autisme.

Chez une personne présentant les deux troubles, les interactions peuvent ainsi être simultanément recherchées et épuisantes. Elle peut éprouver une forte envie de voir ses amis, organiser spontanément une sortie ou participer avec enthousiasme à une discussion, avant de ressentir un besoin important de s’isoler.

Cette alternance peut être difficile à comprendre pour l’entourage, qui peut interpréter le retrait comme un désintérêt ou un rejet. La personne elle-même peut ressentir une certaine culpabilité lorsqu’elle annule une activité qu’elle avait pourtant envie de réaliser.

Exemple clinique fictif

Nicolas, 30 ans, apprécie les échanges avec ses amis et ressent régulièrement le besoin de participer à des activités sociales. Lorsqu’il passe plusieurs jours seul, il peut éprouver de l’ennui et rechercher spontanément de nouvelles interactions. Pourtant, lorsqu’il participe à une soirée, les conversations multiples, le bruit et la nécessité de suivre différents échanges deviennent progressivement épuisants.

Il lui arrive alors de quitter une soirée plus tôt que prévu, malgré le plaisir qu’il éprouvait à retrouver ses proches. Le lendemain, il peut ressentir un besoin important de solitude et avoir des difficultés à répondre aux messages. Quelques jours plus tard, il ressent à nouveau l’envie de voir du monde.

Cette alternance ne traduit pas nécessairement une instabilité relationnelle. Elle peut refléter la coexistence d’un besoin de lien social et de limites concernant la quantité de sollicitations supportables.

Construire une vie sociale compatible avec ses ressources

L’une des pistes consiste à distinguer le désir d’interaction de la capacité à soutenir cette interaction dans certaines conditions. Une personne peut souhaiter voir ses proches sans nécessairement pouvoir participer à une soirée de plusieurs heures dans un environnement bruyant.

Des rencontres plus courtes, des activités dans des lieux calmes, des échanges individuels ou des moments de récupération prévus à l’avance peuvent permettre de conserver des relations satisfaisantes sans multiplier les situations de surcharge.

Il peut également être utile de communiquer à ses proches que le besoin de solitude ne reflète pas nécessairement la qualité de la relation. Expliquer qu’une interaction agréable peut malgré tout être fatigante contribue parfois à limiter les malentendus et à rendre les échanges plus respectueux des besoins de chacun.

6. Avoir des intérêts intenses, mais passer rapidement d’une activité à une autre

Les intérêts spécifiques ou particulièrement investis sont fréquemment évoqués dans l’autisme. Ils peuvent représenter une source importante de plaisir, de connaissances, de motivation et parfois de régulation émotionnelle. Certaines personnes consacrent beaucoup de temps à un domaine qui les passionne, développent une expertise approfondie ou apprécient de retrouver régulièrement les mêmes activités.

Dans le TDAH, la régulation de l’attention peut être fortement influencée par l’intérêt, la nouveauté ou le caractère immédiatement engageant d’une activité. Une personne peut rencontrer des difficultés à maintenir son attention sur des tâches peu stimulantes, tout en étant capable de se concentrer intensément sur un sujet qui l’intéresse. Le terme hyperfocus est parfois utilisé pour décrire ces périodes d’attention intense, mais il ne correspond pas à un critère diagnostique officiel et sa définition scientifique reste discutée.

Lorsque le TSA et le TDAH coexistent, certaines personnes peuvent développer des intérêts particulièrement intenses, tout en alternant entre plusieurs sujets ou en rencontrant des difficultés à maintenir leurs projets dans la durée. Elles peuvent accumuler de nombreuses connaissances, commencer plusieurs activités passionnantes ou investir massivement un projet, puis éprouver des difficultés à poursuivre lorsque la nouveauté diminue ou que les tâches deviennent plus répétitives.

Il serait cependant trop simplificateur d’attribuer systématiquement la stabilité des intérêts au TSA et leur changement au TDAH. Les intérêts des personnes autistes peuvent évoluer, et les personnes TDAH peuvent conserver durablement des passions. Ce qui mérite surtout d’être exploré est la manière dont l’attention, la motivation et les besoins de stabilité interagissent chez une personne donnée.

Exemple clinique fictif

Sarah, 27 ans, se passionne pour la photographie depuis plusieurs années. Elle apprécie particulièrement d’approfondir les aspects techniques, de comparer les équipements et d’organiser ses connaissances sur le sujet. Pourtant, elle commence régulièrement de nouveaux projets photographiques qu’elle ne termine pas toujours. Elle peut passer plusieurs jours à préparer minutieusement une série de photos, puis perdre sa motivation lorsqu’il faut effectuer les retouches répétitives ou classer les fichiers.

Elle conserve un intérêt profond pour la photographie, mais éprouve des difficultés à maintenir certaines étapes moins stimulantes de ses projets. Son problème ne réside donc pas nécessairement dans un manque d’intérêt ou de persévérance, mais dans le décalage entre son engagement pour le domaine et les exigences exécutives de certaines tâches.

Adapter les projets aux fluctuations de l’attention

Une stratégie possible consiste à préserver les activités qui apportent du plaisir, tout en réduisant les obstacles associés aux étapes moins stimulantes. Cela peut notamment passer par le découpage des projets, l’utilisation de modèles réutilisables, la simplification des tâches administratives ou la possibilité d’alterner entre différentes activités complémentaires.

Il peut également être utile de distinguer les projets que la personne souhaite réellement terminer de ceux qui constituent simplement une exploration agréable. Toutes les activités commencées n’ont pas nécessairement vocation à devenir des réalisations achevées. Cette distinction peut réduire la culpabilité et permettre de mieux répartir les ressources disponibles.

7. Avoir besoin de contrôler son environnement, mais agir parfois impulsivement

Certaines personnes autistes accordent une grande importance à l’anticipation, à la cohérence des règles ou au contrôle de certains paramètres de leur environnement. Cela peut contribuer à diminuer l’incertitude et à rendre les situations plus prévisibles. Dans le TDAH, les difficultés d’inhibition peuvent parfois favoriser des réponses rapides, des décisions impulsives ou des comportements réalisés avant que toutes leurs conséquences aient été évaluées.

La coexistence de ces caractéristiques peut donner lieu à des situations dans lesquelles une personne agit spontanément, puis ressent une détresse importante face aux conséquences de sa propre décision. Elle peut, par exemple, accepter une invitation sans vérifier son emploi du temps, effectuer un achat non prévu ou modifier brusquement une activité, avant de ressentir le besoin de rétablir une organisation stable.

Cette dynamique peut également apparaître dans les conversations. Une personne peut accorder beaucoup d’importance à la précision des échanges, à la cohérence des informations et au respect de certaines règles sociales, tout en rencontrant des difficultés à attendre son tour de parole ou à inhiber une réponse spontanée.

Il est important de comprendre que le besoin de contrôle et l’impulsivité ne s’annulent pas nécessairement. Ils peuvent intervenir à des moments différents du traitement de l’information ou concerner des dimensions distinctes de l’expérience.

Prévoir des espaces pour la spontanéité

Une approche possible consiste à organiser certains domaines de la vie de manière suffisamment prévisible pour permettre davantage de spontanéité dans d’autres. Par exemple, une personne peut définir à l’avance un budget pour les achats imprévus, prévoir des périodes libres dans son emploi du temps ou établir quelques critères simples pour les décisions importantes.

L’objectif n’est pas de supprimer toute impulsivité ou toute recherche de spontanéité, mais d’éviter que certaines décisions entraînent des conséquences trop coûteuses sur le plan organisationnel, émotionnel ou financier.

8. Pourquoi les fonctions exécutives peuvent-elles être particulièrement sollicitées ?

Les fonctions exécutives permettent notamment d’organiser les comportements en fonction d’un objectif, de maintenir certaines informations en mémoire, d’inhiber des réponses automatiques et d’adapter les actions lorsque les circonstances changent. Ces fonctions sont souvent évoquées dans le TDAH, mais elles peuvent également présenter des particularités chez les personnes autistes.

Une revue systématique publiée en 2026 par Pozo-Rodríguez et ses collègues a examiné les relations entre fonctions exécutives et régulation émotionnelle dans le TSA, le TDAH et leur coexistence. Les auteurs soulignent l’intérêt de considérer ces dimensions comme transdiagnostiques, c’est-à-dire qu’elles peuvent intervenir dans plusieurs conditions neurodéveloppementales. Toutefois, parmi les 22 études incluses, seules deux portaient spécifiquement sur la coexistence TSA–TDAH, ce qui limite les conclusions pouvant être tirées concernant un éventuel profil propre à cette association.

Sur le plan clinique, les difficultés exécutives peuvent contribuer à expliquer pourquoi une personne présente des besoins relativement clairs, mais éprouve des difficultés à organiser les actions nécessaires pour y répondre. Elle peut savoir qu’une routine l’aide à fonctionner, mais ne pas parvenir à l’initier régulièrement. Elle peut avoir besoin de pauses pour limiter sa surcharge, mais oublier de les prendre lorsqu’elle est absorbée par une activité. Elle peut vouloir anticiper ses obligations, mais rencontrer des difficultés à estimer le temps nécessaire pour les réaliser.

Ce décalage entre les intentions et leur mise en œuvre peut générer un sentiment important de frustration. Certaines personnes interprètent leurs difficultés comme un manque de volonté ou une incapacité à être cohérentes avec elles-mêmes, alors qu’elles peuvent être liées à des particularités de régulation attentionnelle, d’organisation ou de flexibilité.

Il convient toutefois de ne pas attribuer automatiquement toutes les difficultés quotidiennes aux fonctions exécutives. La fatigue, les troubles du sommeil, l’anxiété, les contraintes environnementales et d’autres facteurs peuvent également influencer ces capacités.

9. Des difficultés parfois difficiles à identifier lors de l’évaluation diagnostique

La coexistence du TSA et du TDAH peut compliquer l’évaluation clinique, notamment lorsque certaines manifestations se ressemblent ou lorsqu’un trouble influence la manière dont l’autre s’exprime.

Par exemple, des difficultés à suivre une conversation peuvent être liées à une distractibilité attentionnelle, à des particularités de communication sociale, à une surcharge sensorielle ou à plusieurs de ces facteurs simultanément. De même, une difficulté à changer d’activité peut être associée à un besoin de prévisibilité, à des difficultés de flexibilité cognitive, à un problème d’initiation de la nouvelle tâche ou à une attention particulièrement engagée dans l’activité en cours.

L’observation d’un comportement ne suffit donc pas toujours à en déterminer l’origine.

Certaines personnes peuvent également développer des stratégies qui compensent partiellement leurs difficultés. Une organisation extrêmement détaillée peut, par exemple, masquer certaines difficultés attentionnelles, tandis qu’une grande spontanéité apparente peut rendre moins visibles les besoins de prévisibilité. Ces stratégies peuvent fonctionner pendant plusieurs années, mais devenir difficiles à maintenir lorsque les exigences quotidiennes augmentent.

L’évaluation diagnostique doit ainsi chercher à comprendre les manifestations dans différents contextes, leur présence au cours du développement, leur retentissement fonctionnel et les mécanismes susceptibles de les expliquer. Elle peut notamment s’appuyer sur des entretiens cliniques, des informations développementales, des questionnaires standardisés et, lorsque cela est pertinent, des observations complémentaires.

Les outils d’évaluation du TSA et du TDAH peuvent apporter des informations utiles, mais aucun résultat isolé ne permet d’expliquer l’ensemble d’un fonctionnement neurodéveloppemental complexe.

Il est également important de ne pas considérer les contradictions apparentes comme une preuve diagnostique. Le fait d’apprécier à la fois la routine et la nouveauté, ou de rechercher les interactions sociales tout en les trouvant fatigantes, n’est pas spécifique à la coexistence TSA–TDAH. Ces expériences peuvent également être présentes chez des personnes ne présentant aucun de ces troubles.

10. Pourquoi les stratégies habituelles ne fonctionnent-elles pas toujours ?

Certaines recommandations fréquemment proposées aux personnes TDAH reposent sur la nouveauté, la stimulation, la modification régulière des activités ou l’utilisation de récompenses immédiates. À l’inverse, certaines stratégies utilisées auprès des personnes autistes privilégient la prévisibilité, la régularité, la diminution des stimulations et l’anticipation des changements.

Ces recommandations ne sont pas nécessairement incompatibles, mais elles peuvent devenir insuffisantes lorsqu’elles sont appliquées de manière rigide, sans tenir compte des besoins individuels.

Une personne présentant les deux troubles peut, par exemple, bénéficier d’un planning structuré, mais éprouver des difficultés à suivre un programme trop détaillé. Elle peut avoir besoin d’un environnement calme, mais rencontrer davantage de difficultés attentionnelles lorsque celui-ci est totalement dépourvu de stimulation. Elle peut apprécier les outils numériques de rappel, tout en étant rapidement submergée par les notifications.

Cela montre l’importance de rechercher des stratégies qui répondent à plusieurs besoins simultanément, plutôt que de juxtaposer des recommandations générales propres à chaque diagnostic.

Une organisation adaptée doit également tenir compte de son coût. Une stratégie peut être efficace ponctuellement, tout en demandant trop d’énergie pour être maintenue dans la durée. Un système de planification qui fonctionne uniquement lorsque la personne est reposée et disponible peut devenir inutilisable pendant les périodes de surcharge.

L’objectif de l’accompagnement n’est donc pas seulement de trouver des outils efficaces dans des conditions idéales, mais d’identifier des adaptations suffisamment souples pour rester accessibles dans différentes situations.

11. Construire un quotidien qui respecte les deux fonctionnements

Lorsqu’une personne présente à la fois un TSA et un TDAH, il peut être utile d’abandonner l’idée qu’il faudrait choisir entre ses différents besoins. Rechercher de la stabilité n’implique pas de renoncer à la nouveauté, et apprécier les interactions sociales n’oblige pas à supporter des sollicitations illimitées.

La première étape consiste à identifier les fonctions que remplissent certains comportements ou certaines habitudes. Une routine peut servir à diminuer l’incertitude, mais aussi à éviter d’avoir à prendre de nombreuses décisions. Une activité stimulante peut permettre de maintenir l’attention, mais également représenter un intérêt personnel ou une source de plaisir. Un besoin de solitude peut correspondre à une recherche de récupération, sans signifier un désintérêt pour les relations.

Cette compréhension permet d’envisager des adaptations plus fines. Lorsqu’une stratégie répond à un besoin mais en contrarie un autre, il devient possible de rechercher une solution intermédiaire plutôt que de considérer qu’elle ne fonctionne pas.

Une structure souple plutôt qu’un programme rigide

Il peut être pertinent de conserver quelques repères stables tout en laissant des possibilités de choix dans leur mise en œuvre. Par exemple, une personne peut prévoir un créneau quotidien consacré aux tâches administratives, sans déterminer systématiquement à l’avance l’ordre précis dans lequel elles seront réalisées. Elle peut aussi préparer plusieurs activités possibles, puis choisir celle qui correspond le mieux à son niveau d’énergie et d’attention au moment venu.

Des stimulations choisies plutôt que subies

L’identification des stimulations agréables ou utiles peut permettre de maintenir un niveau d’engagement satisfaisant sans augmenter inutilement la surcharge sensorielle. Une personne peut ainsi écouter une musique familière pour travailler, tout en limitant les notifications, les conversations imprévues ou les interruptions.

Des systèmes d’organisation simples et accessibles

Les outils les plus pertinents ne sont pas nécessairement les plus sophistiqués. Un calendrier unique, quelques rappels ciblés ou des espaces de rangement facilement accessibles peuvent parfois être plus efficaces qu’une organisation complexe nécessitant des ajustements constants.

Une attention particulière aux ressources disponibles

Les besoins et les capacités peuvent varier selon les jours. Une personne peut être parfaitement capable de gérer plusieurs activités lorsqu’elle est reposée, puis éprouver des difficultés importantes lorsque la fatigue, le stress ou la surcharge sensorielle augmentent.

Il peut être utile de prévoir plusieurs niveaux d’exigence : une organisation habituelle lorsque les ressources sont suffisantes, une version simplifiée lors des journées difficiles et un fonctionnement minimal permettant de préserver les besoins essentiels pendant les périodes d’épuisement.

Cette approche peut contribuer à réduire la culpabilité liée aux fluctuations du fonctionnement quotidien. Elle permet également de ne pas interpréter systématiquement une difficulté ponctuelle comme un échec personnel.

12. L’importance d’un accompagnement individualisé

Un accompagnement psychologique adapté peut aider les personnes présentant un TSA et un TDAH à mieux comprendre les interactions entre leurs caractéristiques neurodéveloppementales, à identifier leurs besoins et à développer des stratégies compatibles avec leur fonctionnement.

Il peut notamment être intéressant d’explorer les situations dans lesquelles certains besoins entrent en tension, les efforts d’adaptation mobilisés au quotidien et les conséquences de ces efforts sur la fatigue, les émotions ou l’estime de soi. L’accompagnement peut également porter sur les difficultés exécutives, la régulation émotionnelle, les relations sociales ou la prévention des épisodes de surcharge.

Les recommandations du National Institute for Health and Care Excellence (NICE) soulignent l’importance d’adapter les interventions destinées aux adultes autistes à leurs besoins individuels, notamment en tenant compte de la prévisibilité, de la communication, des particularités sensorielles et des éventuelles conditions associées.

Lorsqu’un TDAH est également présent, il est important que l’évaluation et l’accompagnement tiennent compte des deux troubles plutôt que de considérer systématiquement les difficultés comme relevant exclusivement de l’un ou de l’autre. Un traitement médicamenteux du TDAH peut être envisagé dans le cadre d’une évaluation médicale spécialisée lorsque les indications sont réunies. Il ne constitue toutefois pas un traitement du TSA et ne remplace pas les adaptations environnementales nécessaires.

Au-delà des interventions individuelles, la reconnaissance des besoins dans l’environnement professionnel, universitaire ou familial joue également un rôle important. Une personne peut avoir développé des compétences importantes et disposer de nombreuses ressources, tout en ayant besoin d’aménagements pour les mobiliser durablement.

L’objectif n’est pas de rendre la personne plus conforme à des attentes extérieures, mais de l’aider à construire un fonctionnement quotidien plus compréhensible, plus prévisible lorsque cela est nécessaire et suffisamment flexible pour respecter ses différents besoins.

Conclusion : des besoins contradictoires en apparence, mais qui peuvent coexister

Présenter à la fois un trouble du spectre de l’autisme et un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité peut s’accompagner d’un fonctionnement complexe, dans lequel certains besoins semblent parfois difficiles à concilier. Le besoin de stabilité peut coexister avec une recherche de nouveauté, l’importance accordée à l’organisation peut s’accompagner de difficultés exécutives et les interactions sociales peuvent être simultanément appréciées et épuisantes.

Ces expériences ne doivent cependant pas être considérées comme des contradictions systématiques ou comme des caractéristiques universelles des personnes présentant les deux troubles. Les profils sont hétérogènes, les manifestations varient selon les individus et les connaissances scientifiques concernant leurs interactions restent encore incomplètes.

Comprendre cette coexistence permet néanmoins de dépasser certaines interprétations culpabilisantes. Une personne qui ne parvient pas à maintenir une routine dont elle a pourtant besoin ne manque pas nécessairement de volonté. Une personne qui recherche les interactions sociales tout en ayant besoin de solitude ne présente pas nécessairement des envies incohérentes. Ces situations peuvent simplement nécessiter une compréhension plus fine des différents mécanismes impliqués.

Plutôt que de chercher à supprimer l’un des besoins au profit de l’autre, il peut être plus pertinent de construire des adaptations permettant de leur donner une place respective. Cela suppose de reconnaître les limites des stratégies universelles et de privilégier des solutions individualisées, adaptées aux ressources, aux contraintes et aux préférences de chaque personne.

Vivre avec un TSA et un TDAH ne signifie pas nécessairement devoir choisir entre deux fonctionnements opposés. Il s’agit parfois d’apprendre à construire un équilibre qui respecte plusieurs besoins simultanément, même lorsque ceux-ci semblent, à première vue, difficiles à concilier.

Références scientifiques

Micai, M., et al. (2023). Prevalence of co-occurring conditions in children and adults with autism spectrum disorder: A systematic review and meta-analysis. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 155, 105436. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2023.105436

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Pozo-Rodríguez, M., et al. (2026). A systematic review on the association between executive function and emotional regulation in autism, ADHD, and autism/ADHD. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 183, 106570. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2026.106570

National Institute for Health and Care Excellence. Autism spectrum disorder in adults: Diagnosis and management. Clinical guideline CG142. https://www.nice.org.uk/guidance/cg142


Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une évaluation clinique individualisée. Les exemples présentés sont fictifs et servent uniquement à illustrer certaines situations possibles. La coexistence de besoins apparemment contradictoires ne constitue pas, à elle seule, un indicateur diagnostique de TSA ou de TDAH.

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