Pourquoi certaines personnes autistes éprouvent-elles des difficultés à savoir ce qu’elles ressentent, à distinguer leurs émotions ou à les exprimer ? Quel est le lien entre l’alexithymie, l’intéroception et l’autisme, et comment développer une meilleure compréhension de son vécu émotionnel ?
Ressentir un malaise important sans parvenir à déterminer s’il s’agit de tristesse, de colère, d’anxiété ou de fatigue. Se rendre compte que l’on était stressé uniquement après avoir commencé à pleurer. Être profondément touché par une situation sans réussir à expliquer pourquoi. Ou encore éprouver de l’affection pour une personne, tout en ayant des difficultés à reconnaître précisément ce sentiment ou à le communiquer de la manière attendue.
Ces expériences peuvent concerner certaines personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), mais elles ne sont ni universelles ni exclusives à l’autisme. Elles peuvent notamment être associées à un phénomène appelé alexithymie, qui désigne des difficultés à identifier, différencier et décrire ses propres émotions.
L’alexithymie est encore parfois confondue avec une absence d’émotions, un manque d’empathie ou une forme d’indifférence affective. Pourtant, une personne peut ressentir des émotions intenses sans disposer des repères nécessaires pour les reconnaître ou les exprimer clairement. Cette distinction est essentielle, car les difficultés d’identification émotionnelle peuvent avoir des conséquences importantes sur la compréhension de soi, les relations interpersonnelles et la régulation du stress.
Les recherches scientifiques montrent que l’alexithymie est plus fréquente chez les personnes autistes que dans la population générale. Elles suggèrent également que certaines difficultés émotionnelles longtemps considérées comme directement liées à l’autisme pourraient, chez une partie des personnes concernées, être davantage associées à une alexithymie coexistante.
Comprendre ce phénomène permet donc de dépasser certaines représentations réductrices de l’autisme et d’explorer plus précisément les différentes dimensions du fonctionnement émotionnel.
1. Qu’est-ce que l’alexithymie ?
Le terme alexithymie a été introduit dans les années 1970 par le psychiatre Peter Sifneos. Il provient du grec et peut être traduit approximativement par « absence de mots pour les émotions ». Cette expression ne signifie toutefois pas que les personnes concernées seraient dépourvues de sentiments, mais qu’elles peuvent rencontrer des difficultés à accéder à certaines informations concernant leur propre expérience émotionnelle.
L’alexithymie est généralement décrite à travers trois dimensions principales : la difficulté à identifier ses émotions, la difficulté à les décrire à autrui et une tendance à orienter davantage sa pensée vers les événements ou les éléments concrets d’une situation que vers son vécu émotionnel intérieur. Cette dernière dimension, appelée pensée orientée vers l’extérieur, ne signifie pas nécessairement que la personne manque d’imagination, d’introspection ou d’intérêt pour la psychologie. Elle désigne plutôt une tendance, dans certaines situations, à privilégier les faits observables plutôt que l’exploration spontanée des états affectifs.
Une personne présentant une alexithymie peut ainsi expliquer avec beaucoup de précision ce qui s’est passé au cours d’une dispute, les propos échangés, les circonstances et les conséquences de l’événement, tout en ayant des difficultés à répondre à une question apparemment simple : « Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ? » Elle peut connaître les différentes émotions sur le plan théorique, comprendre leur définition et être capable de les reconnaître dans certaines situations, sans pour autant parvenir à identifier facilement celles qu’elle éprouve elle-même.
Il est également important de distinguer l’alexithymie d’une difficulté générale à communiquer. Certaines personnes savent ce qu’elles ressentent, mais rencontrent des obstacles pour l’expliquer oralement, trouver les mots adaptés ou communiquer dans un contexte social particulier. D’autres peuvent verbaliser facilement leurs émotions tout en éprouvant des difficultés à les comprendre avec précision. Ces différents mécanismes peuvent coexister, mais ils ne sont pas équivalents.
L’alexithymie n’est pas actuellement considérée comme un trouble mental autonome dans les principales classifications diagnostiques, telles que le DSM-5-TR ou la CIM-11. Elle est généralement étudiée comme une caractéristique psychologique dimensionnelle, dont l’intensité varie d’une personne à l’autre. Elle peut être présente dans différents contextes cliniques, notamment certains troubles anxieux, dépressifs, liés aux traumatismes ou neurodéveloppementaux.
2. Pourquoi l’alexithymie est-elle fréquemment associée à l’autisme ?
Pendant longtemps, les particularités émotionnelles observées chez certaines personnes autistes ont été interprétées comme des manifestations directes du TSA. Les difficultés à reconnaître certaines expressions émotionnelles, à comprendre les réactions d’autrui ou à exprimer ses propres sentiments étaient parfois regroupées sous une même explication, sans nécessairement distinguer les différents mécanismes impliqués.
Les travaux scientifiques ont progressivement conduit à nuancer cette interprétation. En 2013, Geoffrey Bird et Richard Cook ont notamment proposé l’hypothèse selon laquelle certaines difficultés de traitement émotionnel observées dans les études sur l’autisme pourraient être davantage associées à l’alexithymie qu’à l’autisme lui-même. Cette proposition, parfois appelée hypothèse de l’alexithymie, a contribué à renouveler les recherches sur les relations entre TSA, émotions et empathie.
L’idée centrale est que l’autisme et l’alexithymie sont deux phénomènes distincts, même s’ils peuvent fréquemment coexister. Ainsi, deux personnes autistes présentant des profils de communication sociale relativement similaires peuvent avoir des capacités très différentes pour reconnaître, différencier ou décrire leurs propres émotions. Inversement, une personne non autiste peut présenter une alexithymie importante.
Cette distinction a été renforcée par la méta-analyse publiée en 2019 par Emma Kinnaird, Catherine Stewart et Kate Tchanturia dans la revue European Psychiatry. Les auteurs ont analysé les recherches utilisant notamment la Toronto Alexithymia Scale (TAS), un questionnaire fréquemment employé pour mesurer les caractéristiques alexithymiques. Ils ont observé des scores significativement plus élevés chez les participants autistes et estimé une prévalence d’alexithymie d’environ 49,93 % dans les groupes autistes étudiés, contre 4,89 % dans les groupes témoins non autistes.
Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, notamment en raison des différences entre les études, des caractéristiques des échantillons et des limites des questionnaires d’autoévaluation. Ils indiquent néanmoins que l’alexithymie concerne une proportion importante des personnes autistes, sans constituer une caractéristique universelle du TSA.
Il serait toutefois excessif d’en conclure que toutes les difficultés émotionnelles observées dans l’autisme sont exclusivement expliquées par l’alexithymie. La cognition sociale, les particularités sensorielles, les expériences relationnelles, le langage, les fonctions exécutives et d’autres facteurs peuvent également influencer la manière dont une personne comprend et exprime ses émotions. Les relations entre ces différentes dimensions restent complexes et font encore l’objet de recherches.
3. Ressentir une émotion, l’identifier et l’exprimer : trois processus différents
Pour comprendre l’alexithymie, il est particulièrement utile de distinguer plusieurs étapes du fonctionnement émotionnel. Dans le langage courant, ces étapes sont souvent réunies sous une seule expression : « savoir ce que l’on ressent ». Pourtant, elles correspondent à des processus qui peuvent être partiellement dissociés.
Une émotion peut tout d’abord s’accompagner de modifications physiologiques, telles qu’une accélération du rythme cardiaque, une tension musculaire, une modification de la respiration ou des sensations abdominales. Elle peut également influencer l’attention, les pensées, les motivations et les comportements. Ces manifestations ne suffisent cependant pas toujours à déterminer précisément l’émotion ressentie, car plusieurs états émotionnels peuvent produire des sensations similaires.
L’identification émotionnelle suppose ensuite de parvenir à interpréter ces informations, à les mettre en relation avec le contexte et à leur attribuer une signification. Une accélération cardiaque peut, par exemple, accompagner de l’anxiété, de l’excitation, de la colère ou un effort physique. Le contexte, les pensées associées et l’expérience personnelle permettent habituellement de préciser l’interprétation.
La verbalisation constitue encore une autre étape. Elle nécessite de transformer cette expérience interne en mots, puis de les communiquer à une autre personne. Une personne peut ainsi identifier clairement sa tristesse, mais éprouver des difficultés à en parler. À l’inverse, elle peut utiliser correctement des termes émotionnels appris sans être certaine qu’ils correspondent à son état intérieur.
Chez certaines personnes présentant une alexithymie, les difficultés concernent principalement l’une de ces étapes, tandis que chez d’autres elles touchent plusieurs dimensions simultanément.
Exemple clinique fictif : identifier une émotion après coup
Mathilde, 32 ans, travaille dans un environnement professionnel exigeant. Lorsqu’un collègue lui fait une remarque sur son travail, elle répond calmement et poursuit ses activités. Elle ne remarque pas immédiatement de changement particulier dans son état émotionnel et, si quelqu’un lui demande comment elle se sent, elle répond spontanément que tout va bien.
Quelques heures plus tard, elle commence à ressentir une tension importante dans les épaules, une sensation d’oppression et une difficulté à se concentrer. Lorsqu’elle rentre chez elle, elle se met à pleurer sans parvenir à comprendre précisément pourquoi. Ce n’est qu’en revenant sur les événements de la journée qu’elle établit un lien entre la remarque de son collègue, la crainte d’avoir commis une erreur et son sentiment de dévalorisation.
Mathilde n’était pas nécessairement dépourvue d’émotion au moment de l’échange. Elle a toutefois rencontré des difficultés à identifier et à interpréter son état affectif pendant qu’il se manifestait. La prise de conscience émotionnelle s’est produite plus tard, lorsque les manifestations corporelles et comportementales sont devenues plus évidentes.
Ce type de décalage peut compliquer la régulation émotionnelle, car il est généralement plus facile d’adapter son comportement lorsqu’on parvient à repérer progressivement une émotion que lorsqu’on ne la reconnaît qu’une fois devenue particulièrement intense.
4. Quel est le lien entre alexithymie et intéroception ?
L’intéroception désigne l’ensemble des processus impliqués dans la perception, le traitement et l’interprétation des informations provenant de l’intérieur du corps. Elle concerne notamment les signaux associés à la respiration, au rythme cardiaque, à la faim, à la soif, à la température corporelle ou à certaines sensations viscérales. Elle participe également, de manière complexe, à l’expérience émotionnelle.
Les émotions ne sont pas uniquement des pensées ou des représentations abstraites. Elles peuvent s’accompagner de modifications corporelles qui fournissent des indices sur l’état de l’organisme. Certaines personnes utilisent spontanément ces informations pour reconnaître leurs émotions : elles remarquent, par exemple, une tension dans la mâchoire lorsqu’elles sont irritées, une sensation de légèreté lorsqu’elles sont enthousiastes ou un inconfort abdominal lorsqu’elles sont anxieuses.
Chez certaines personnes présentant une alexithymie, ces informations corporelles peuvent être difficiles à percevoir, à différencier ou à interpréter. Cela ne signifie pas nécessairement que le corps réagit moins aux émotions, mais que les informations disponibles ne permettent pas toujours d’identifier clairement l’état affectif correspondant.
En 2016, Shah et ses collègues ont publié dans la revue Cortex une étude intitulée Alexithymia, not autism, is associated with impaired interoception. Leurs résultats suggéraient que certaines difficultés intéroceptives étaient davantage associées aux caractéristiques alexithymiques qu’aux caractéristiques autistiques. Cette étude a contribué à renforcer l’intérêt de distinguer l’autisme de l’alexithymie dans la recherche sur les expériences corporelles et émotionnelles.
Il convient néanmoins de ne pas généraliser ces résultats à toutes les dimensions de l’intéroception. Celle-ci comprend plusieurs processus distincts, et les méthodes utilisées pour l’évaluer ne mesurent pas nécessairement les mêmes capacités. La perception consciente d’un battement cardiaque, l’attention portée aux sensations corporelles et la capacité à interpréter une sensation comme un signe émotionnel ne sont pas strictement équivalentes. Les connaissances scientifiques concernant ces relations restent donc en évolution.
Exemple clinique fictif : reconnaître une sensation sans comprendre sa signification
Antoine, 27 ans, remarque régulièrement une sensation de tension dans son ventre lorsqu’il doit participer à certaines réunions. Il décrit précisément cet inconfort, mais ne sait pas s’il correspond à de l’anxiété, à une gêne digestive ou à une fatigue générale. Il lui arrive de poursuivre ses activités malgré cette sensation, jusqu’à éprouver une difficulté importante à se concentrer.
En discutant de ces situations, il remarque progressivement que cette sensation apparaît plus souvent lorsqu’il doit prendre la parole sans préparation ou lorsqu’il anticipe une situation sociale incertaine. Il commence alors à envisager l’hypothèse d’une réaction anxieuse, sans considérer pour autant que toutes ses sensations abdominales doivent nécessairement être interprétées de cette manière.
Cet exemple illustre l’intérêt d’une exploration progressive des relations entre sensations corporelles, situations vécues, pensées et émotions. L’objectif n’est pas d’attribuer immédiatement une signification psychologique à chaque sensation, mais de développer une meilleure compréhension des régularités éventuelles.
5. Pourquoi certaines personnes savent-elles expliquer les émotions sans parvenir à reconnaître les leurs ?
Une situation parfois déroutante concerne les personnes qui disposent de connaissances importantes sur les émotions, les relations humaines ou la psychologie, mais qui éprouvent malgré tout des difficultés à identifier leur propre vécu émotionnel.
Elles peuvent être capables d’expliquer précisément la différence entre la colère et la frustration, de reconnaître les circonstances dans lesquelles une personne risque de se sentir blessée ou de proposer des hypothèses pertinentes concernant les réactions émotionnelles d’autrui. Pourtant, lorsqu’elles doivent décrire ce qu’elles ressentent elles-mêmes, elles peuvent se retrouver dans une situation d’incertitude importante.
Cette différence peut notamment s’expliquer par la distinction entre les connaissances conceptuelles et l’expérience subjective. Comprendre intellectuellement une émotion ne signifie pas nécessairement pouvoir reconnaître facilement cette émotion lorsqu’elle se manifeste dans son propre corps ou dans ses pensées.
Certaines personnes développent également des stratégies d’analyse particulièrement élaborées. Elles peuvent chercher à déterminer ce qu’elles devraient logiquement ressentir dans une situation donnée, en s’appuyant sur leur connaissance des réactions habituelles ou des conventions sociales. Cette démarche peut leur permettre de formuler une réponse cohérente, mais elle ne correspond pas toujours à une identification directe de leur état émotionnel.
Il est important de ne pas interpréter cette forme d’analyse comme une expérience émotionnelle moins authentique. La réflexion, le raisonnement et la mise en contexte peuvent constituer des moyens pertinents de mieux comprendre son vécu. Le fait qu’une personne ait besoin de davantage de temps ou d’une démarche explicite pour reconnaître une émotion ne signifie pas que celle-ci est artificielle ou moins intense.
6. Alexithymie et empathie : pourquoi il ne faut pas confondre les deux
L’une des confusions les plus fréquentes consiste à associer les difficultés d’identification émotionnelle à un manque d’empathie. Pourtant, ces deux dimensions ne sont pas équivalentes.
L’empathie regroupe plusieurs processus, notamment la capacité à comprendre certains états émotionnels d’autrui et la possibilité de ressentir une réponse affective face à son expérience. Les chercheurs distinguent souvent, de manière simplifiée, une dimension cognitive et une dimension affective de l’empathie. Ces composantes peuvent fonctionner différemment selon les personnes et les situations.
L’alexithymie concerne principalement les difficultés liées à l’identification et à la description de ses propres émotions. Elle peut parfois influencer certains aspects de la reconnaissance émotionnelle chez autrui, mais elle ne signifie pas automatiquement que la personne est indifférente à la souffrance des autres.
Une personne peut être profondément affectée lorsqu’un proche traverse une période difficile, tout en ne sachant pas précisément ce qu’elle ressent ou comment l’exprimer. Elle peut également manifester son attention à travers des comportements concrets, comme proposer une aide pratique, chercher une solution ou rester disponible, sans utiliser les expressions émotionnelles attendues.
Les travaux de Bird et Cook (2013) ont notamment contribué à remettre en question l’idée selon laquelle les particularités émotionnelles observées chez les personnes autistes traduiraient nécessairement un déficit général d’empathie. Ils ont proposé de considérer plus attentivement le rôle de l’alexithymie, notamment pour comprendre l’hétérogénéité des résultats scientifiques.
Cette hypothèse ne permet cependant pas d’affirmer que l’alexithymie explique toutes les différences observées dans les compétences émotionnelles ou sociales. Les différentes formes d’empathie, leurs méthodes d’évaluation et les interactions entre autisme et alexithymie restent des sujets de recherche.
Sur le plan relationnel, cette nuance est essentielle. Une expression émotionnelle peu démonstrative ne constitue pas une mesure fiable de l’intensité des sentiments, pas plus qu’une difficulté à trouver les mots ne signifie une absence d’attachement.
7. Quelles conséquences l’alexithymie peut-elle avoir dans les relations ?
Les difficultés à identifier et à verbaliser ses émotions peuvent influencer les relations interpersonnelles, particulièrement lorsque les interlocuteurs utilisent la communication émotionnelle comme un moyen important de compréhension mutuelle.
Dans une relation amicale ou amoureuse, une personne présentant une alexithymie peut éprouver des difficultés à expliquer pourquoi une situation l’a contrariée, pourquoi elle a besoin de s’isoler ou ce qu’elle attend précisément de l’autre. Son partenaire peut alors avoir l’impression qu’elle refuse de communiquer, qu’elle évite certaines discussions ou qu’elle ne souhaite pas partager son vécu intérieur.
À l’inverse, la personne concernée peut ressentir une pression importante lorsqu’on lui demande de répondre immédiatement à des questions émotionnelles. Elle peut avoir besoin de temps pour comprendre ce qu’elle éprouve, alors que son interlocuteur attend une réponse spontanée. Cette différence de temporalité peut contribuer à des malentendus, notamment lorsqu’elle est interprétée comme un manque d’investissement relationnel.
Exemple clinique fictif : une difficulté à communiquer ses besoins
Clara, 30 ans, vit avec son compagnon depuis plusieurs années. Lorsqu’ils rencontrent un désaccord, celui-ci lui demande régulièrement ce qu’elle ressent et pourquoi elle semble distante. Clara éprouve alors une difficulté importante à répondre. Elle sait que quelque chose ne va pas, mais ne parvient pas à déterminer si elle est triste, en colère, inquiète ou simplement épuisée.
Son compagnon interprète parfois son silence comme un refus de discuter. De son côté, Clara ressent une pression croissante à devoir trouver rapidement une réponse qu’elle ne possède pas encore. Elle finit par s’isoler, ce qui renforce l’impression de distance émotionnelle.
Progressivement, ils décident de modifier leur manière d’aborder ces situations. Plutôt que de chercher immédiatement à identifier une émotion précise, Clara peut commencer par décrire les faits qui l’ont marquée, les sensations qu’elle remarque et les besoins qu’elle parvient à reconnaître. Elle peut également demander un temps de réflexion avant de reprendre la discussion.
Cette adaptation ne supprime pas nécessairement les difficultés d’identification émotionnelle, mais elle permet de réduire la pression associée à leur verbalisation immédiate.
Dans ce type de situation, il peut être utile de rappeler que la communication émotionnelle ne repose pas uniquement sur la capacité à nommer précisément ses sentiments. Il est également possible de communiquer à partir de ses limites, de ses préférences, de ses besoins ou de ses intentions, même lorsque l’émotion sous-jacente reste difficile à identifier.
8. L’alexithymie peut-elle compliquer la régulation émotionnelle ?
La régulation émotionnelle désigne les processus par lesquels une personne influence l’apparition, l’intensité, la durée ou l’expression de ses émotions. Elle peut notamment impliquer la modification d’une situation, la réorientation de l’attention, l’interprétation d’un événement ou l’utilisation de stratégies permettant de retrouver un état plus confortable.
L’identification émotionnelle peut contribuer à cette régulation, car reconnaître progressivement une émotion permet parfois de mieux comprendre le besoin auquel elle est associée. Une personne qui remarque qu’elle devient anxieuse peut chercher à réduire certaines incertitudes ou à s’accorder une pause. Une personne qui identifie de la colère peut prendre conscience d’une limite personnelle qui n’a pas été respectée.
Lorsque les émotions sont difficiles à identifier, ces ajustements peuvent être moins spontanés. La personne peut percevoir une tension générale sans comprendre ce qui contribue à son inconfort, ou continuer à s’exposer à une situation éprouvante sans remarquer immédiatement l’augmentation de sa détresse.
Cela peut conduire, chez certaines personnes, à une prise de conscience tardive de leurs besoins émotionnels. Elles peuvent ne reconnaître leur état de surcharge qu’au moment où celui-ci devient particulièrement intense ou lorsqu’apparaissent des manifestations physiques ou comportementales plus évidentes.
Il serait toutefois réducteur de considérer que toute difficulté de régulation émotionnelle découle de l’alexithymie. Les fonctions exécutives, l’anxiété, les expériences traumatiques, le sommeil, les particularités sensorielles et les contraintes environnementales peuvent également jouer un rôle important.
Chez les personnes autistes, il peut être particulièrement pertinent d’explorer la manière dont ces différentes dimensions interagissent. Une personne peut avoir des difficultés à identifier une émotion, mais également subir une surcharge sensorielle importante ou disposer de peu de possibilités de récupération. Un accompagnement centré uniquement sur la reconnaissance émotionnelle risquerait alors de négliger d’autres facteurs essentiels.
9. Comment distinguer l’alexithymie d’autres difficultés psychologiques ?
L’alexithymie peut présenter des ressemblances avec plusieurs phénomènes psychologiques, ce qui rend son évaluation clinique parfois complexe.
Elle ne doit notamment pas être confondue avec l’anhédonie, qui correspond à une diminution de la capacité à éprouver du plaisir ou de l’intérêt. Une personne présentant une alexithymie peut ressentir du plaisir, de l’enthousiasme ou de l’affection, mais éprouver des difficultés à les identifier ou à les décrire. Dans l’anhédonie, c’est davantage l’expérience du plaisir ou de la motivation qui peut être altérée.
Il est également important de distinguer l’alexithymie de certaines manifestations dépressives. Une personne dépressive peut décrire un sentiment de vide émotionnel, une réduction de ses réactions affectives ou des difficultés à comprendre ce qu’elle ressent. Ces manifestations peuvent coexister avec une alexithymie, mais ne relèvent pas nécessairement du même mécanisme. L’évolution temporelle des difficultés, leur contexte d’apparition et la présence d’autres symptômes sont essentiels pour comprendre la situation.
Les phénomènes dissociatifs peuvent également compliquer l’accès à certaines expériences émotionnelles. Dans certains contextes, notamment après des expériences traumatiques, une personne peut décrire une sensation de détachement, d’engourdissement émotionnel ou de déconnexion de son vécu intérieur. Ces manifestations nécessitent une exploration spécifique et ne doivent pas être automatiquement assimilées à une alexithymie.
Enfin, les difficultés d’expression émotionnelle peuvent résulter de facteurs culturels, familiaux ou relationnels. Une personne ayant grandi dans un environnement où certaines émotions étaient peu reconnues ou difficilement exprimables peut avoir développé des habitudes de communication limitant leur verbalisation, sans présenter nécessairement une alexithymie importante.
Une évaluation clinique attentive doit donc rechercher non seulement la présence de difficultés émotionnelles, mais également leur nature, leur ancienneté, leur contexte et leurs conséquences.
10. Comment évaluer l’alexithymie ?
L’évaluation de l’alexithymie repose généralement sur une combinaison d’entretiens cliniques et d’outils psychométriques. L’objectif n’est pas seulement de mesurer un score, mais de comprendre comment la personne identifie, différencie et communique ses expériences émotionnelles dans différentes situations.
L’un des questionnaires les plus utilisés dans la recherche est la Toronto Alexithymia Scale, dans sa version à 20 items (TAS-20). Cet outil explore notamment les difficultés à identifier les sentiments, les difficultés à les décrire et la pensée orientée vers l’extérieur.
Il peut être utile pour repérer certaines caractéristiques alexithymiques, mais son interprétation nécessite plusieurs précautions. Comme il s’agit d’un questionnaire d’autoévaluation, il suppose que la personne puisse porter un jugement sur ses propres capacités d’identification émotionnelle. Or, certaines personnes ayant précisément des difficultés à reconnaître leurs émotions peuvent également rencontrer des obstacles pour apprécier correctement l’étendue de ces difficultés.
Les réponses peuvent aussi être influencées par la manière dont les questions sont comprises, par le niveau d’anxiété ou de dépression, ainsi que par les particularités de fonctionnement de la personne. Les propriétés psychométriques des instruments doivent donc être prises en compte, notamment lorsqu’ils sont utilisés auprès de populations autistes.
D’autres questionnaires, comme le Bermond-Vorst Alexithymia Questionnaire (BVAQ), permettent d’explorer différentes dimensions du fonctionnement émotionnel. Ils ne sont cependant pas interchangeables et leur utilisation doit dépendre des objectifs de l’évaluation.
Sur le plan clinique, il peut être intéressant d’explorer des situations concrètes plutôt que de demander uniquement à la personne si elle reconnaît facilement ses émotions. Par exemple, l’entretien peut porter sur la manière dont elle identifie une contrariété, remarque une augmentation de son stress, différencie la fatigue de la tristesse ou communique un besoin émotionnel à ses proches.
Un score élevé à un questionnaire d’alexithymie ne permet pas, à lui seul, de poser un diagnostic de TSA. De la même manière, un diagnostic d’autisme ne signifie pas qu’une alexithymie est nécessairement présente.
11. Comment mieux comprendre ses émotions lorsque l’on présente une alexithymie ?
Les stratégies permettant d’améliorer la compréhension émotionnelle doivent être individualisées. Les recherches portant spécifiquement sur l’efficacité des interventions ciblant l’alexithymie chez les adultes autistes restent limitées, et il n’existe pas de protocole unique dont l’efficacité serait établie pour toutes les personnes concernées.
Néanmoins, plusieurs approches peuvent être explorées dans le cadre d’un accompagnement psychologique ou de manière autonome, lorsque cela est adapté.
Partir des situations plutôt que chercher immédiatement une émotion
Lorsqu’une personne ne parvient pas à identifier ce qu’elle ressent, lui demander de nommer immédiatement une émotion peut augmenter son incertitude ou sa frustration. Il peut être plus accessible de commencer par décrire la situation vécue, les pensées qui l’ont accompagnée, les sensations corporelles observées et les comportements qui ont suivi.
Par exemple, plutôt que de chercher directement à répondre à la question « Est-ce que je suis en colère ? », une personne peut remarquer qu’elle a été interrompue plusieurs fois, qu’elle ressent une tension musculaire et qu’elle éprouve le besoin de s’éloigner. Ces informations peuvent ensuite être mises en relation avec différentes hypothèses émotionnelles, sans obligation de choisir immédiatement une réponse définitive.
Cette démarche permet de considérer l’identification émotionnelle comme un processus d’exploration plutôt que comme une tâche nécessitant une réponse exacte.
Explorer progressivement les sensations corporelles
Pour certaines personnes, porter attention aux sensations corporelles peut aider à repérer les changements qui accompagnent les émotions. Il peut s’agir de remarquer une modification de la respiration, une tension dans les épaules, une sensation de chaleur ou une variation de l’énergie disponible.
Toutefois, les exercices centrés sur le corps ne conviennent pas nécessairement à tout le monde. Certaines personnes présentent une hypersensibilité aux sensations internes, une anxiété importante ou des expériences traumatiques qui peuvent rendre cette attention inconfortable. Il est donc préférable d’adapter les exercices aux capacités et aux préférences individuelles.
Il convient également d’éviter d’attribuer automatiquement une origine émotionnelle à chaque sensation corporelle. La fatigue, la douleur, les troubles digestifs, les effets médicamenteux ou d’autres facteurs médicaux peuvent produire des sensations similaires. Une exploration émotionnelle ne remplace jamais une évaluation médicale lorsque celle-ci est nécessaire.
Utiliser des supports visuels ou écrits
Certaines personnes trouvent plus facile d’explorer leurs émotions à l’aide d’un support écrit ou visuel plutôt que dans une conversation spontanée. Une liste de mots émotionnels, une roue des émotions ou un tableau associant situations, sensations et besoins peut servir de point de départ.
Ces outils peuvent permettre de comparer différentes hypothèses, de différencier des émotions proches ou de découvrir des nuances qui ne viennent pas spontanément à l’esprit. Ils ne doivent toutefois pas devenir des exercices rigides dans lesquels la personne serait obligée de sélectionner une émotion précise à chaque situation.
La possibilité de répondre « je ne sais pas », « plusieurs émotions sont possibles » ou « je ressens quelque chose sans pouvoir le nommer » doit rester pleinement acceptable.
Accepter le délai nécessaire à l’identification émotionnelle
Certaines personnes reconnaissent plus facilement leurs émotions lorsqu’elles disposent de temps pour revenir sur une situation. Il peut donc être pertinent de différer certaines discussions émotionnelles, particulièrement lorsqu’elles surviennent dans un contexte de stress ou de surcharge.
Dans une relation, cela peut impliquer de convenir que certaines questions seront reprises ultérieurement, lorsque la personne aura pu réfléchir à son expérience. Cette adaptation peut améliorer la qualité des échanges en réduisant la pression de devoir produire une réponse immédiate.
Il est également possible de communiquer un besoin sans attendre d’avoir identifié l’émotion correspondante. Une personne peut dire qu’elle souhaite interrompre une discussion, qu’elle a besoin de calme ou qu’une situation lui semble trop difficile, même si elle ne sait pas encore précisément pourquoi.
Développer un vocabulaire émotionnel adapté à son expérience
Les émotions ne se résument pas à quelques catégories générales comme la joie, la tristesse, la peur ou la colère. Certaines personnes trouvent utile d’explorer progressivement des nuances plus précises, telles que la déception, la frustration, l’appréhension, le soulagement, l’enthousiasme ou la nostalgie.
Cependant, disposer d’un vocabulaire étendu ne garantit pas automatiquement une meilleure identification émotionnelle. L’objectif n’est pas d’apprendre une liste de mots, mais de construire progressivement des associations entre certaines expériences personnelles et les termes qui permettent de les décrire.
Cette démarche peut également conduire à reconnaître que certaines expériences émotionnelles sont difficiles à résumer par un seul mot, ou qu’elles comportent plusieurs dimensions simultanément.
12. Comment les proches peuvent-ils accompagner une personne présentant une alexithymie ?
L’entourage peut jouer un rôle important dans la compréhension et la communication des émotions, à condition de ne pas imposer systématiquement ses propres interprétations.
Lorsqu’une personne présente des difficultés à identifier son vécu intérieur, il peut être tentant pour un proche de lui expliquer ce qu’elle ressent ou de considérer que son comportement révèle nécessairement une émotion particulière. Pourtant, ces interprétations peuvent être inexactes et donner à la personne le sentiment que son expérience lui échappe.
Une approche plus respectueuse consiste à proposer des hypothèses sans les présenter comme des certitudes. Par exemple, il est possible de demander si une situation a été fatigante, frustrante ou inquiétante, tout en laissant la possibilité de répondre qu’aucune de ces propositions ne correspond au vécu réel.
Il peut également être utile de privilégier des questions concrètes. Demander « Est-ce que cette situation vous a donné envie de partir ? » ou « Est-ce que vous avez besoin d’un moment de calme ? » peut parfois être plus accessible que de demander immédiatement « Qu’est-ce que vous ressentez ? ».
Les proches doivent aussi pouvoir comprendre qu’une difficulté à verbaliser une émotion ne signifie pas nécessairement un refus de communication. La personne peut avoir besoin de temps, d’un support différent ou simplement de la possibilité de ne pas répondre immédiatement.
Enfin, il est important de respecter les formes variées d’expression affective. Une personne peut manifester son attachement par sa disponibilité, des gestes concrets, une attention portée aux besoins de l’autre ou le partage d’activités importantes, sans nécessairement utiliser les formulations émotionnelles habituellement attendues.
13. L’intérêt d’un accompagnement psychologique adapté
Lorsqu’une alexithymie entraîne une souffrance importante ou complique les relations, la régulation émotionnelle ou la compréhension de soi, un accompagnement psychologique peut être pertinent.
Celui-ci peut notamment viser à explorer progressivement les différents éléments qui composent l’expérience émotionnelle, à améliorer la reconnaissance de certains signaux de stress et à développer des moyens de communication adaptés aux préférences de la personne.
Chez les adultes autistes, il est particulièrement important que les interventions tiennent compte des éventuelles particularités sensorielles, cognitives et communicationnelles. Les recommandations du National Institute for Health and Care Excellence (NICE), concernant les interventions psychologiques destinées aux adultes autistes présentant des difficultés psychiques associées, préconisent notamment une approche plus concrète et structurée, l’utilisation de supports écrits ou visuels lorsque cela est utile et une adaptation de la communication aux besoins individuels.
Dans le cadre d’un accompagnement, il peut être intéressant de travailler à partir de situations réelles, en explorant les événements, les pensées, les sensations corporelles et les comportements observés. La personne peut progressivement développer une meilleure compréhension de certaines régularités, sans être obligée de produire immédiatement une description émotionnelle précise.
Il convient néanmoins de rappeler que l’objectif thérapeutique n’est pas nécessairement de conduire toutes les personnes vers une expression émotionnelle identique. Certaines peuvent conserver une manière d’identifier ou de communiquer leurs émotions différente de celle de leur entourage, tout en développant des relations satisfaisantes et des stratégies de régulation efficaces.
L’accompagnement doit donc chercher à améliorer le confort, l’autonomie et la compréhension de soi, plutôt qu’à imposer un modèle unique d’expression émotionnelle.
14. Peut-on apprendre à mieux identifier ses émotions ?
L’alexithymie est souvent étudiée comme une caractéristique relativement stable, mais cela ne signifie pas que les capacités de compréhension émotionnelle sont nécessairement figées.
Les difficultés peuvent varier selon le contexte, le niveau de stress, la fatigue, les expériences relationnelles ou les ressources disponibles. Une personne peut, par exemple, identifier relativement facilement certaines émotions dans un environnement calme, mais rencontrer des difficultés importantes lorsqu’elle est confrontée à plusieurs sollicitations simultanées.
Certaines stratégies d’observation, de verbalisation ou de mise en relation des sensations et des événements peuvent aider des personnes à développer une meilleure compréhension de leur vécu. Cependant, les données scientifiques ne permettent pas encore de déterminer précisément quelles interventions sont les plus efficaces pour les adultes autistes présentant une alexithymie, ni dans quelle mesure les changements observés se maintiennent à long terme.
Il est donc préférable de considérer ce travail comme une exploration progressive, dont les objectifs doivent être adaptés à chaque personne. Pour certaines, l’enjeu principal sera de reconnaître plus rapidement une surcharge émotionnelle. Pour d’autres, il s’agira de mieux communiquer leurs besoins, de comprendre certaines réactions relationnelles ou de différencier les sensations corporelles des émotions.
Il peut également être important d’accepter qu’une émotion ne soit pas toujours identifiable avec certitude. Même en l’absence d’alexithymie, l’expérience émotionnelle peut être complexe, ambivalente et difficile à résumer.
Mieux comprendre ses émotions ne signifie pas nécessairement pouvoir toujours les nommer précisément, mais parfois simplement apprendre à reconnaître ce qui se passe en soi et ce dont on a besoin.
Conclusion : ressentir des émotions ne signifie pas toujours savoir les reconnaître
L’alexithymie permet de mieux comprendre certaines difficultés émotionnelles rencontrées par les personnes autistes, tout en rappelant que ces difficultés ne constituent pas une caractéristique universelle du TSA.
Une personne peut ressentir intensément des émotions sans parvenir à les identifier, comprendre théoriquement les sentiments sans reconnaître facilement les siens ou manifester son attachement sans utiliser les expressions émotionnelles habituelles. Ces expériences ne traduisent pas nécessairement une absence d’affectivité, d’empathie ou d’intérêt pour les relations humaines.
Les recherches scientifiques ont contribué à montrer l’importance de distinguer l’autisme de l’alexithymie, notamment pour comprendre l’hétérogénéité des profils émotionnels et éviter certaines interprétations réductrices. Elles soulignent également la nécessité de poursuivre les travaux sur les liens entre intéroception, identification émotionnelle et fonctionnement social.
Sur le plan clinique, cette distinction invite à explorer les difficultés émotionnelles dans leur complexité, sans présumer de leur origine. Elle permet également de proposer des adaptations plus pertinentes, en tenant compte des capacités d’identification, des moyens de communication et des besoins de chaque personne.
Pour les personnes concernées, mieux comprendre l’alexithymie peut contribuer à donner du sens à des expériences parfois déroutantes, notamment lorsqu’elles ont longtemps eu le sentiment de ne pas réagir émotionnellement comme leur entourage.
Pour les proches et les professionnels, cela rappelle qu’une émotion ne devient pas réelle uniquement lorsqu’elle est exprimée avec les mots attendus.
Ne pas savoir nommer ce que l’on ressent ne signifie pas ne rien ressentir. L’enjeu n’est pas nécessairement d’apprendre à éprouver davantage d’émotions, mais de trouver des moyens de mieux comprendre, respecter et communiquer celles qui sont déjà présentes.
Références scientifiques
Kinnaird, E., Stewart, C., & Tchanturia, K. (2019). Investigating alexithymia in autism: A systematic review and meta-analysis. European Psychiatry, 55, 80–89. https://doi.org/10.1016/j.eurpsy.2018.09.004
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National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Autism spectrum disorder in adults: Diagnosis and management. Clinical guideline CG142. https://www.nice.org.uk/guidance/cg142
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une évaluation clinique ou médicale individualisée. Les situations cliniques présentées sont fictives et ne correspondent à aucune personne identifiable. Les difficultés d’identification émotionnelle peuvent avoir différentes origines et nécessitent une exploration adaptée au contexte de chaque personne.