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Conseils – TSA et relations sociales

Des pistes concrètes pour rendre les interactions plus soutenables

Dans un premier article « Comprendre le TSA et les relations sociales », j’ai proposé une présentation du fonctionnement social dans le trouble du spectre de l’autisme (TSA), afin de mieux comprendre pourquoi les interactions peuvent être coûteuses, sources de malentendus ou de fatigue.

Le présent article s’inscrit dans la continuité de ce premier texte. Il propose des ajustements concrets et des pistes pratiques pour faciliter certaines situations sociales du quotidien.

Ces propositions ne constituent ni des règles à appliquer à tout prix, ni un modèle de comportement à atteindre. Elles ne sont pas adaptées à toutes les personnes, ni à tous les contextes, et concernent principalement des personnes adultes, verbales, souhaitant réfléchir à leurs interactions sociales.
Il est tout à fait normal que certaines pistes ne vous parlent pas, ou ne soient pas adaptées à votre situation.


Réduire la surcharge sensorielle en contexte social

La surcharge sensorielle joue souvent un rôle central dans les difficultés sociales rencontrées par les personnes avec un TSA. Lorsque l’environnement est trop stimulant, il devient plus difficile de se concentrer, de comprendre les échanges et de réguler ses émotions.

Avant une situation sociale

Avant une interaction, certains ajustements peuvent aider à préserver ses ressources :

  • s’assurer d’avoir mangé, bu et suffisamment dormi ;
  • porter des vêtements confortables, sans inconfort sensoriel ;
  • prévoir des outils sensoriels si besoin (casque anti-bruit, bouchons d’oreilles, lunettes de soleil, objet à manipuler) ;
  • anticiper la durée de la rencontre et réfléchir, si possible, à une option de sortie.

Ces éléments peuvent paraître secondaires, mais ils influencent fortement la disponibilité sociale.

Pendant la situation

Pendant l’interaction, il peut être aidant de :

  • s’autoriser à faire des pauses, par exemple en s’isolant quelques minutes ;
  • rechercher des espaces plus calmes ou moins exposés ;
  • éviter, lorsque c’est possible, les situations cumulant plusieurs sources de stimulation (bruit, foule, lumière) ;
  • utiliser des techniques simples d’ancrage, comme se concentrer sur sa respiration ou sur des sensations corporelles.

L’objectif n’est pas de « tenir », mais de repérer les premiers signes de surcharge pour ajuster la situation.

Après la situation

Après une interaction sociale, un temps de récupération est souvent nécessaire :

  • se retrouver dans un environnement sensoriellement apaisant ;
  • limiter les sollicitations ;
  • se recentrer sur des activités régulatrices ou des centres d’intérêt.

Ce temps de récupération fait partie intégrante de l’équilibre et n’a rien d’excessif.


Comprendre le langage non verbal : quelques repères possibles

Le langage non verbal occupe une place importante dans les interactions sociales, mais il reste ambigu et fortement dépendant du contexte. Les éléments suivants sont des exemples d’interprétation possibles, et non des règles fixes.

  • Une personne qui se penche vers vous peut exprimer de l’intérêt ou de l’engagement.
  • À l’inverse, se reculer, détourner le corps ou regarder fréquemment son téléphone peut indiquer de la fatigue, un inconfort ou une contrainte de temps.
  • Un sourire peut traduire une émotion sincère, une politesse sociale, de la gêne ou de la nervosité.
  • Un ton de voix rapide peut être lié à de l’enthousiasme, du stress ou à une volonté d’abréger la discussion.

Ces indices gagnent toujours à être croisés entre eux et replacés dans leur contexte.
Si l’analyse du non-verbal devient source d’anxiété ou de surcharge, il est souvent plus aidant de revenir à une communication explicite.


Que faire quand on n’est pas sûr de comprendre ?

Le doute fait partie intégrante des interactions sociales. Lorsqu’un message semble flou ou ambigu, plusieurs stratégies peuvent être utiles.

Il est possible de demander directement, par exemple :

  • « Est-ce que ça te convient si on continue ? »
  • « Dis-moi si tu préfères qu’on change de sujet. »

On peut aussi reformuler ce que l’on a compris :

  • « Si je comprends bien, tu veux dire que… »

Enfin, observer le comportement dans le temps peut aider : certaines personnes ont des habitudes, et ce sont souvent les changements par rapport à leur fonctionnement habituel qui donnent des indications.

Clarifier n’est pas un échec social. C’est souvent une manière de sécuriser l’échange.


Parler de son TSA quand c’est possible

Lorsque le contexte le permet et que vous vous sentez en sécurité dans la relation, il peut être aidant de parler de votre fonctionnement, et éventuellement de votre TSA.

Cela peut permettre, par exemple :

  • d’expliquer que certains signaux implicites peuvent vous échapper ;
  • de dire que vous avez besoin de clarté ou de formulations directes ;
  • d’indiquer que vous pouvez avoir besoin de vous isoler, de faire une pause ou de quitter une situation plus tôt ;
  • de proposer à l’autre personne de vous dire explicitement si quelque chose la met mal à l’aise ou si elle souhaite mettre fin à l’échange.

Cette démarche n’est ni obligatoire ni toujours possible. Elle dépend de la relation, du contexte et de votre sécurité émotionnelle.
Lorsqu’elle est possible, elle peut toutefois contribuer à réduire les malentendus, à diminuer la pression que l’on se met, et à rendre les échanges plus simples pour chacun.


Les règles implicites des conversations : quelques repères pratiques

Les conversations reposent sur des règles rarement explicitées, ce qui peut les rendre difficiles à décoder.

Les débuts de conversation sont souvent indirects (« Ça va ? », « Il fait chaud aujourd’hui ») et servent avant tout à établir un contact.
Le tour de parole repose sur des indices comme une pause, un regard ou une question adressée.
Les changements de sujet se font souvent par des transitions implicites (« À propos de… », « Ça me fait penser à… »).
La fin d’une conversation peut être signalée par des phrases de clôture, un changement de posture ou un regard vers la montre.

Lorsque ces indices sont difficiles à repérer, il est tout à fait acceptable d’être plus explicite.


Le small talk : comprendre son rôle et utiliser des scripts

Le small talk est souvent vécu comme peu pertinent ou artificiel par les personnes avec un TSA. Il ne vise pourtant pas à transmettre des informations importantes, mais à établir un minimum de lien social.

Pour réduire la charge cognitive, il peut être aidant d’utiliser des scripts simples et préparés à l’avance, par exemple :

  • Ouverture :
    « Ça va ? »
    « Tu as passé un bon week-end ? »
  • Relance simple :
    « Et toi ? »
    « Tu fais quoi en ce moment ? »
  • Clôture :
    « Bon, je vais te laisser, bonne journée »
    « C’était sympa de discuter, à bientôt »

Ces scripts peuvent être adaptés à différents contextes et modifiés pour correspondre à votre façon de parler.
Il est également tout à fait légitime de limiter ces échanges au strict minimum, ou de les éviter lorsque cela est possible.


Se rappeler que les relations sociales sont complexes pour beaucoup de personnes

Les relations sociales ne sont pas toujours simples, même sans TSA. Elles impliquent des attentes implicites, des différences de fonctionnement, des émotions, de la fatigue et des contextes parfois peu favorables.

Avoir des difficultés dans ce domaine ne signifie ni être inadapté·e, ni être incapable de relations. Il est fréquent que certaines situations restent inconfortables, malgré les efforts et les stratégies mises en place.

Dans ce contexte, il est important de ne pas trop s’en vouloir, de reconnaître ses limites, et de se rappeler que la qualité d’une relation ne se mesure pas à la fluidité permanente des échanges.


Conclusion

Rendre les interactions sociales plus soutenables lorsqu’on est une personne avec un TSA passe souvent par des ajustements concrets, centrés sur la gestion sensorielle, la prévisibilité et la compréhension des attentes implicites.
Ces ajustements prennent davantage de sens lorsqu’ils s’appuient sur une compréhension fine de son propre fonctionnement, telle que présentée dans le premier article.

Ces pistes n’ont pas vocation à transformer la personne, mais à adapter les situations à son fonctionnement, afin de réduire la fatigue et les incompréhensions.

Dans le cadre d’un accompagnement psychologique, il est possible de travailler ces questions de manière individualisée : comprendre ce qui pose difficulté, identifier ses ressources et construire des stratégies adaptées à votre réalité.
Si vous souhaitez être accompagné·e dans cette démarche, vous pouvez me contacter par mail afin de formuler une demande de rendez-vous ou de suivi.